|
depuis le 28 février 2004 |
Quel
plaisir de vous faire découvrir mes créations
littéraires!
Catherine Pelletier |
|
|
![]()
Je bus, tu bus, nous bûmes. Telle fut l'occupation principale de cette soirée insolite. Le matin même, mon mari me quitta pour une autre femme. Une fille plutôt. Disons une jeune femme avec le nombril pas encore sec. Dès lors, j'appelai mes plus chères amies pour qu'elles me viennent en aide. Accompagnées, évidemment, de plusieurs bouteilles de vin et d'un peu de fromage. Je me lamentai et je pleurai sur mon sort pendant quelques heures jusqu'à ce que l'alcool ait l'effet escompté : le sourire retrouva mes lèvres et l'étincelle mes yeux. Trois femmes de quarante ans se prenant pour, tour à tour, Janis Joplin, Marilyn Monroe et Marlene Dietrich, ce fut assez pour me faire oublier mon horrible et honteuse matinée. Après plusieurs danses délirantes de délivrance, la source de notre récent bonheur vint à manquer. J'entrepris, malgré mes pas incertains, de me rendre à l'épicerie située au coin de ma rue avant sa fermeture imminente. Étonnamment, je descendis l'escalier qui menait au rez-de-chaussée sans grande difficulté. Lorsque le portier ouvrit la porte, l'air froid de décembre me prit par surprise. Mon cerveau dut très rapidement transmettre sa stupéfaction à mon visage, car le jeune homme me regarda curieusement. - Est-ce que tout va bien, madame? - C'est mademoiselle maintenant, jeune homme, tâchez de vous en souvenir! Trop gelée ou trop ivre pour penser à m'excuser pour mon impolitesse, je continuai de marcher. Seulement quelques pas plus loin, ce qui m'apparut être un vieux clochard me tendit la main pour que j'y mette de l'argent. Le vent glacial qui frôlait ma nuque me poussa à déposer un billet entre ses doigts gantés. Heureux, il me sourit. - La vie vous le rendra, mademoiselle! En voilà au moins un qui comprenait J'augmentai la longueur de mes enjambées, consciente du temps qui filait. À vouloir marcher trop rapidement pour la lenteur trouble de mon état d'esprit, je ne remarquai pas la dénivellation du trottoir et je tombai par terre, m'éraflant un genou sur la glace. Je me remerciai intérieurement d'être en pantalon ce jour-là. En me relevant, je vis au loin le commis du magasin insérer la clé dans la porte. Ignorant mes cris, il s'en alla, me laissant là, au milieu de la rue, mes cris me résonnant encore dans la tête. Finalement, combien de bouteilles de ce délicieux Chardonnay avais-je bu? Frigorifiée, j'eus peur de ma réponse. Je décidai d'aller retrouver la chaleur invitante de mon appartement où m'attendaient mes adorables amies. Une surprise de taille m'attendait. Marilyn Monroe se rua vers moi. - Regarde, chérie, c'est bien plus réconfortant que du vin!! Devant moi un gentil jeune homme affublé d'un manteau de cuir, tenant une bouteille de bière, contrairement à la porte quelques minutes auparavant, me sourit. - Elles m'ont demandé si j'avais de l'alcool et si je voulais bien être James Dean Je ne pouvais pas refuser !! L'extravagante comédie qui se déroula sous mes yeux provoqua en moi un fou rire incroyable. Ce soir-là, je n'eus peut-être pas le vin, mais j'eus l'ivresse.
|
|
|
|
Ils sont là, partout. Ils m'observent. Je suis ici, dans cet appartement minable. La seule chose, d'ailleurs, que j'aie pu me payer dû à leur égoïsme. C'est propre, très propre. Je nettoie tout chaque fois que j'y entre. Je viens d'arriver à l'instant et déjà je me change, me lave. Il faut tout nettoyer, de mes cheveux jusqu'à mes souliers. Je ne veux pas que les microbes qui ont voulu m'affecter puissent vivre et se reproduire à l'intérieur de ma demeure. Ça me dégoûte juste d'y penser. Malgré la bonne hygiène que je maintiens dans mon appartement, il y règne constamment une faible clarté, car je ne peux pas me permettre d'ouvrir ni les fenêtres ni les rideaux. Ils sont fermés en permanence. Respirer l'air impur me rend malade, alors je ne laisserai pas leur oxygène mélangé de « je ne sais trop » quel produit m'atteindre dans mon chez-moi. Je m'en tiens à l'essentiel: l'extérieur. Lorsque je dois y aller, je suis munie d'une écharpe, mais leur air infeste s'infiltre tout de même dans mes narines. Mais cela, malheureusement, je ne peux rien contre. Et les rideaux, ils doivent en tout temps, sans aucune exception, être fermés. Je ne suis pas idiote, je ne leur laisserai pas une chance aussi facile de m'espionner davantage. Une fenêtre, pour eux, c'est une ouverture supplémentaire sur mon cerveau. Le plus petit indice que je pourrais accidentellement leur donner sur ma personne, ils s'en serviront contre moi; c'est évident. De toute façon, ils savent presque tout de moi, j'en suis persuadée. Je suis leur cobaye. L'histoire de ma vie est leur livre de chevet. Ils me surveillent. Au moindre mouvement de mon corps, leurs yeux de lynx me ciblent et leurs pattes griffonnent des mots et encore des mots...des pages entières se remplissent de notes. Ils notent tout, je suis l'animal impuissant examiné par des scientifiques véreux. Lorsque que je me rends au travail le matin, il y a parfois cette femme qui lit son journal et qui lève subtilement les yeux sur moi. Mais je ne suis pas folle, je la vois. Elle lit. Elle lit quoi? Elle s'informe, elle lit les informations toutes fraîches sur moi. De quoi nourrir sa journée pendant que moi je perds la mienne à essayer de me cacher d'eux. Bordel, c'est trop difficile! Ils sont omniprésents, partout...ils sont partout. Je suis lucide, je vois et je comprends leur petit manège. Ils doivent s'en rendre compte. Alors pourquoi n'arrêtent-ils pas? Pourquoi me poursuivent-ils toujours sans cesse? Bien sûr, ils sont beaucoup plus puissants, cruels et machiavéliques que je le suis. Ils ne lâcheront pas prise de sitôt. Ils savent que je suis intelligente et ils m'envoient des messages de plus en plus subtiles démontrant mon futur proche. Lorsque j'ai ouvert la télévision hier, la première chaîne sur laquelle j'ai posé les yeux montrait des rongeurs dans des laboratoires américains. Ceux-ci se faisaient injecter un liquide qui était, je me souviens, plus ou moins recommandable, et les petites bêtes mouraient dans des convulsions atroces. Ils se repliaient sur eux-mêmes, crispés de douleur, agonisant pour finir leur vie une trentaine de secondes plus tard. Tout cette mascarade se déroulait sous les yeux vils et contemplatifs des infâmes scientifiques. Ils essaient de me rendre folle, mais ils échouent et ils échoueront toujours. Ils vont voir que je ne suis pas une bête de cirque à qui ils feront faire ce qu'ils veulent. C'est décidé, je ne bouge plus d'ici. Je m'enferme, me barricade. Plus d'extérieur, plus de télévision, plus de téléphone. Une seule chose m'appartenant est encore vierge de leurs manipulations, donc je désire et je dois la garder intacte : mon âme.
|
|
|
![]()
L'ÉVASION EN SALLE, UN VOYAGE EN NOIR ET BLANC ET EN COULEUR!
Est-ce que les mots Paris, Londres, Prague, Venise vous font sourire en pensant : « Peut-être un jour ? » L'idée de faire des rencontres inespérées dans des pays lointains vous anime. Vivez l'évasion des désirs et des rêves Laissez-vous transporter par la 24e édition du Festival des films du monde de Montréal. 8 jours de bonheur pour découvrir 26 films provenant de 12 pays situés aux quatre coins de la planète.
Depuis 24 ans, le Festival des films du monde de Montréal a accueilli et séduit des milliers de cinéphiles tentés par une expérience différente. Des films importants ont marqué le festival au fil des ans. Le Déclin de l'empire américain, Maëlstrom, Paris, Texas, pour n'en nommer que quelques-uns, ont permis à plusieurs rêveurs de s'évader pendant quelques heures. Cette année, le festival propose Les Ailes du désir (Allemagne) de Win Wenders en film d'ouverture; Lost in translation (États-Unis / Japon ) de Sofia Coppola en film de clôture. Cédric Klapisch, réalisateur de L'Auberge espagnole, se laissera emporter dans cette vague cinématographique en siégeant comme président du jury.
DU 5 AU 12 SEPTEMBRE 2004 AU CINÉMA DU QUARTIER LATIN
|
|
|
|
Un gamin se promenait, main dans la main avec sa mère, dans les allées bondées de cadeaux d'un magasin quelconque. Arrivé dans la section des jouets, un kiosque capta particulièrement l'attention du petit bonhomme. Ces compagnons magiques, qu'il avait contemplés tout au long de cette année-là à la télévision et dont il avait rêvé chaque nuit, se tenaient devant lui. Le rêve était devenu réalité. S'élevaient ainsi étrangement devant ses yeux : Thinky-Winky, Dipsy, Laa-Laa et le petit Po. LES TELETUBBIES!! Ils étaient là en peluche et en mousse! Le rouge, Po, le préféré du bambin, lui offrit une sucette et lui donna une poignée de main digne d'une vraie mascotte. Le Teletubbies perpétuellement souriant « léchait » lui aussi une merveilleuse sucette d'un rouge... Père Noël. Le garçon, qui se rappela qu'il devait aller rejoindre sa mère dans une autre allée, demanda l'aide de son nouveau meilleur ami. Sans hésiter, le héros télévisé s'avança et commença la recherche de la femme. Quelques pas plus loin, ils s'arrêtèrent quelques instants pour saluer le Père Noël, à qui était consacré, à lui seul, toute une section du magasin. Lorsque les deux acolytes vinrent pour reprendre leur route, la ridicule boule de peluche trébucha et vit de très près le postérieur de Saint-Nicolas auquel la sucette resta collée. Pour essayer de la récupérer subtilement, la mascotte, pas très futée, tenta d'humidifier le bonbon avec sa langue. C'est ce jour-là qu'un teletubbies pathétique lécha inlassablement un Père Noël puant.
|