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en 2005-2006 |
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Un homme seul Mélanie Chamberland |
Le fil du temps s'écoule irrésistiblement
Ô, homme gisant, la vie s'écoule à grands flots;
De l'abîme arrive silhouette en lambeaux :
L'Ombre tend la main, avançant sournoisement.
Submergé par un tourbillon de souvenirs,
Oppressante mémoire : enfance si précaire,
Traîtrises machiavéliques, amours éphémères,
Exode bohémien, sempiternels soupirs.
En agonie, l'homme divague « À quoi bon vivre?
Je capitule, âpre destin. À quoi bon vivre?
Affres de souffrance, j'ai amplement sommeil »
Ô, épave harassée au regard vacillant
L'Ombre te tend la main, saisis-la promptement :
Un espoir renaissant pour ton âme si vieille.
Je rends les armes, j'abandonne le combat
Je me suis battue, mais trop souvent j'ai perdu
Je rends les armes, maintenant je ne joue plus
J'ai gaspillé mon temps à attendre tes bras.
J'ai pleuré ton silence, souffert tes absences
Encaissé le néant, désarmé par le vide
J'ai conquis l'amour jusqu'à devenir frigide
Joué l'innocence, vécu de mes errances.
L'amour est mirage, là s'éteignent nos nuits
Inscrit parfois sur les pages de nos vies
Effacé à jamais de mon cur indolent.
Torturée par la longueur de l'éternité
Semblable à un désert déserté par le vent
Inutile, l'amour m'a toujours oubliée.
Dans la sombre noirceur d'une ville endormie
Sur un sinistre banc, souvenir des vieux temps,
Près d'un immense saule pleurant tristement
Un homme las sombre dans la mélancolie.
Dans l'abîme noir de ses horribles pensées,
Où hélas! les corbeaux piaillent sur leur perchoir,
Il se noie dans un nuage de désespoir,
D'où rien ni personne ne peut le retirer.
Il est seul, seul dans un monde hostile et dur,
Seul combattant devant d'innombrables tortures,
Seul prisonnier d'un temps sombrement révolu.
La dure nostalgie des temps passés l'afflige,
Détresse, lypémanie et malheur obligent,
Taciturne, il erre sans bruit, l'air abattu.
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