|
|
en 2006-2007 |
|
|
||
|
|
||
|
Ère fugace anonyme |
Alors que du crépuscule naissent les premières étoiles,
L'enfant châtié pleure dans son pâle pénitencier.
Puni de ne pas avoir eu un cur d'acier
De ses yeux chavirent des larmes de cristal.
Debout sur le seuil, l'ange funèbre attend
Son sourire luit dans l'ombre noire et troublée
Il vient déshériter le petit esseulé
Nul besoin d'armes, plus délectable est le temps.
L'enfant névrosé sanglotera à jamais
Son visage de poussière fixe le dais
Il respire la peur, le souvenir, la rancune.
Comme un misérable rat tombé dans un puits,
Le corps du gamin frémit lorsqu'il entendit
Sa mort rampée à travers un carré de lune.
Taciturne évidence trop souvent reniée
Foudroyant événement, soudain contraignant
Au deuil d'une âme assaillie si subitement
À l'inique Faucheuse nous sommes pliés.
Elle guette, fourbe, infatigable et hâtive
Son aura funeste se tapit en tout lieu
Menaçant de faire son terrifiant aveu
Car, lorsqu'elle nous frappe, elle est toujours passive
Bambin ingénu ou vieillard affligé
Le barbare rapace prend sans questionner
Laissant dans la détresse les plus miséreux.
Mais peut-être les attendent-ils dans la tombe
Profonde liberté et destin radieux
Alors que lasse et blafarde la vie succombe.
Elle sort par moments des ruines de mon âme,
Et fait se fragmenter les fragiles illusions,
Dont je garde en souvenir quelques visions,
D'instants de gaieté qui valsent comme des flammes.
Douloureuse mélancolie, que je te hais,
Quand tu m'annonces que je n'ai qu'une seule existence,
Pour découvrir l'auteur d'une douce romance,
Avec lequel je veux vivre un rêve parfait.
Le temps passe et trop rapidement fuit au loin,
Hors d'atteinte dans notre passé si lointain.
De jours en heures, de minutes en secondes,
Ô lamentable nostalgie, tu m'envahis.
Mes échos se perdent sans qu'on me réponde :
Où pourrai-je éprouver d'éphémères euphories?
|
Page de la poésie |