Sonnets primés

en 2006-2007

 

L'enfant châtié François Beaulieu

L'inique Faucheuse Myriam Landry

Ère fugace anonyme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'enfant châtié

 

Alors que du crépuscule naissent les premières étoiles,

L'enfant châtié pleure dans son pâle pénitencier.

Puni de ne pas avoir eu un cœur d'acier

De ses yeux chavirent des larmes de cristal.

 

Debout sur le seuil, l'ange funèbre attend

Son sourire luit dans l'ombre noire et troublée

Il vient déshériter le petit esseulé

Nul besoin d'armes, plus délectable est le temps.

 

L'enfant névrosé sanglotera à jamais

Son visage de poussière fixe le dais

Il respire la peur, le souvenir, la rancune.

 

Comme un misérable rat tombé dans un puits,

Le corps du gamin frémit lorsqu'il entendit

Sa mort rampée à travers un carré de lune.

 

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L'inique Faucheuse

 

Taciturne évidence trop souvent reniée

Foudroyant événement, soudain contraignant

Au deuil d'une âme assaillie si subitement

À l'inique Faucheuse nous sommes pliés.

 

Elle guette, fourbe, infatigable et hâtive

Son aura funeste se tapit en tout lieu

Menaçant de faire son terrifiant aveu

Car, lorsqu'elle nous frappe, elle est toujours passive

 

Bambin ingénu ou vieillard affligé

Le barbare rapace prend sans questionner

Laissant dans la détresse les plus miséreux.

 

Mais peut-être les attendent-ils dans la tombe

Profonde liberté et destin radieux

Alors que lasse et blafarde la vie succombe.

 

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Ère fugace

 

 Elle sort par moments des ruines de mon âme,

Et fait se fragmenter les fragiles illusions,

Dont je garde en souvenir quelques visions,

D'instants de gaieté qui valsent comme des flammes.

 

Douloureuse mélancolie, que je te hais,

Quand tu m'annonces que je n'ai qu'une seule existence,

Pour découvrir l'auteur d'une douce romance,

Avec lequel je veux vivre un rêve parfait.

 

Le temps passe et trop rapidement fuit au loin,

Hors d'atteinte dans notre passé si lointain.

De jours en heures, de minutes en secondes,

 

Ô lamentable nostalgie, tu m'envahis.

Mes échos se perdent sans qu'on me réponde :

Où pourrai-je éprouver d'éphémères euphories?

 

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